Montréal, Canada (7 février 2025) — GHGSAT, le leader mondial de la surveillance des émissions, a détecté une importante émission de méthane provenant du mont Fentale, un volcan actif en Éthiopie.
L’émission, estimée à 58 tonnes métriques par heure (soit environ 1 400 tonnes métriques/jour), a été observée le 31 janvier grâce à une approche de détection et de ciblage (« tip and cue ») entre l’instrument satellite Sentinel-5P TROPOMI du programme européen Copernicus et la constellation de satellites de GHGSAT, coordonnée par l’Institut néerlandais de recherche spatiale SRON et GHGSAT.

Le SRON est sous contrat pour fournir la détection de panaches de méthane importants à partir des données TROPOMI au Service européen de surveillance de l’atmosphère Copernicus (CAMS), soutenant ainsi la mission du CAMS qui consiste à fournir des informations cohérentes et contrôlées sur la pollution atmosphérique et la santé, l’énergie solaire, les gaz à effet de serre et le forçage climatique partout dans le monde.
Après que le SRON a détecté un « point chaud » présentant une concentration de méthane exceptionnellement élevée dans l’atmosphère lors d’observations répétées par TROPOMI près du volcan Fentale, GHGSAT a zoomé avec ses capteurs à haute résolution pour une mesure de suivi ciblée qui a identifié le cratère du mont Fentale comme étant la source de l’émission.

Ces dernières semaines ont été marquées par une activité sismique accrue autour du mont Fentale (également orthographié Fantale), un stratovolcan proéminent situé dans la vallée du Grand Rift éthiopien. Les agences locales de surveillance géologique ont signalé de multiples tremblements de terre et des signes de mouvement potentiel de magma sous la surface. Des mesures satellites effectuées par le Centre britannique pour l’observation et la modélisation des tremblements de terre, des volcans et de la tectonique (COMET) ont révélé qu’une importante fissure souterraine dans la croûte terrestre, ou « dyke », est également apparue, s’étendant sur une distance d’environ 50 kilomètres du mont Fentale vers le nord-est en direction du volcan Dofen. Plus de 80 000 personnes vivant dans la région ont été évacuées préventivement en raison des inquiétudes liées à une éventuelle activité volcanique.
Combinée à l’activité géologique de la zone, cette détection de méthane peut fournir des indices sur ce qui se passe sous la surface de la Terre. Le professeur John Stix, scientifique à l’Université McGill, a estimé qu’au cours des dernières semaines, le magma sous le volcan Fentale s’est peut-être propagé vers le nord-est à travers ces fissures de la croûte terrestre, expliquant ainsi les tremblements de terre dans la région. À mesure que le magma s’écoulait du réservoir situé sous le mont Fentale, la surface du sol s’est affaissée, se dégonflant.
Ces types de mouvements de magma s’accompagnent généralement d’émissions de dioxyde de carbone et/ou de dioxyde de soufre provenant du réservoir du volcan. Repérer une émission de méthane aussi importante sur un site volcanique est rare. Sa présence oriente la communauté scientifique vers un autre scénario possible : celui d’un réservoir géothermique ou hydrothermal peu profond et isolé sous le cratère du Fentale. Les réservoirs géothermiques peuvent contenir des quantités importantes de méthane et peuvent être déconnectés du réservoir de magma plus profond. Avec les récents tremblements de terre, des voies de passage entre le réservoir géothermique et la surface, telles que des fissures ou des failles, ont pu se développer pour permettre au méthane de s’échapper.
« Il sera très intéressant de voir si TROPOMI détecte du dioxyde de soufre au Fentale dans les semaines et mois à venir, ce qui pourrait signifier un dégazage du magma », a déclaré le professeur Stix.
Le méthane est un puissant gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est plus de 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur une période de 20 ans. Bien que les sources industrielles constituent l’essentiel des émissions de méthane à l’échelle mondiale, la compréhension des émissions provenant de phénomènes naturels — y compris leur occurrence et leur ampleur — est essentielle pour une modélisation climatique précise.
« Nous balayons automatiquement les observations mondiales de TROPOMI pour trouver d’importants panaches d’émissions dans le cadre de notre service européen CAMS. Il s’agit d’une découverte très surprenante et passionnante ; nous n’avions jamais détecté d’émissions de méthane aussi importantes provenant d’une zone volcanique auparavant », a déclaré Ilse Aben, scientifique principale au SRON et co-chercheuse principale de TROPOMI.
« C’est un excellent exemple du fonctionnement de l’approche de détection et de ciblage, combinant les informations des satellites opérationnels avec des informations de zoom plus détaillées provenant de sociétés comme GHGSat. GHGSat a récemment rejoint le programme des missions contributrices de Copernicus, ce qui permettra une collaboration encore plus étroite entre eux et le CAMS », a déclaré Richard Engelen, directeur adjoint du CAMS.
« Cette détection souligne le pouvoir de l’observation de la Terre pour mettre au jour de nouvelles perspectives sur des phénomènes séculaires », a déclaré Stephane Germain, PDG de GHGSAT. « En combinant la vue à l’échelle régionale de TROPOMI avec la capacité de GHGSAT à localiser précisément les sources d’émissions, nous pouvons détecter et quantifier les changements dans les gaz à effet de serre depuis l’orbite terrestre basse, même dans des zones qui pourraient être inaccessibles, comme le site d’un volcan actif. »
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À propos de GHGSat
GHGSat utilise ses propres satellites et capteurs aéroportés pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre directement sur les sites industriels, fournissant ainsi des informations exploitables aux entreprises, aux gouvernements et aux régulateurs. Grâce à une technologie de télédétection exclusive et brevetée, GHGSat permet une prise de décision stratégique par le biais de services de surveillance et d’analyse, avec une meilleure précision, plus fréquemment et à une fraction du coût des autres technologies. La mission de GHGSat est de devenir la référence mondiale pour la télédétection des émissions de gaz à effet de serre (GES), de gaz de qualité de l’air et d’autres gaz traces provenant de n’importe quelle source dans le monde. Pour en savoir plus sur GHGSat, visitez www.ghgsat.com.
À propos du SRON
Le SRON est l’institut national d’expertise néerlandais pour la recherche spatiale, rattaché au Conseil néerlandais de la recherche (NWO). Le SRON est l’institut co-PI pour l’instrument TROPOMI à bord du satellite Sentinel-5 Precursor de l’ESA. TROPOMI est un partenariat entre Airbus Defence and Space Netherlands, le KNMI, le SRON et le TNO, commandé par le NSO et l’ESA. Le SRON fournit la détection des panaches de méthane importants au Service européen de surveillance de l’atmosphère Copernicus (CAMS). Sentinel-5P et Sentinel-2 font partie du programme Copernicus de l’UE.
À propos du CAMS
Le Service de surveillance de l’atmosphère Copernicus (CAMS) est l’un des six services qui forment Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne qui observe notre planète et son environnement pour le bénéfice ultime de tous les citoyens européens. Copernicus propose des services d’information basés sur l’observation de la Terre par satellite, des données in situ (non satellitaires) et la modélisation. Le CAMS est mis en œuvre par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) pour le compte de la Commission européenne. Le CEPMMT est une organisation intergouvernementale indépendante soutenue par 35 États. C’est à la fois un institut de recherche et un service opérationnel 24h/24 et 7j/7, qui produit et diffuse des prévisions météorologiques numériques à ses États membres.
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Alison Boyer