Les volcans sont connus pour rejeter du dioxyde de carbone (CO2) et du soufre dans l’atmosphère — mais du méthane ? C’est très inhabituel. Pourtant, c’est exactement ce que les satellites de GHGSat ont détecté au mont Fentale, en Éthiopie.
Dans un récent article de New Scientist, Jason McKeever, directeur, Science & Systems chez GHGSat, a partagé des éclairages sur cette découverte inattendue. Cette découverte a d’abord été faite par un satellite de l’Union européenne, Sentinel-5P TROPOMI, incitant ensuite GHGSat à examiner de plus près les immenses panaches de méthane s’élevant du cratère — marquant les premières émissions volcaniques détectées par des satellites. Le 31 janvier, les satellites de GHGSat ont mesuré des émissions de méthane à un taux stupéfiant de 58 tonnes par heure, l’équivalent des émissions quotidiennes liées à la combustion de 20 millions de kilogrammes de charbon. L’émission a été observée grâce à une approche « tip and cue » entre l’instrument satellite Sentinel-5P TROPOMI du programme Copernicus européen et la constellation de satellites de GHGSAT, coordonnée par SRON Netherlands Institute for Space Research et GHGSAT.
Les émissions de méthane provenant des volcans sont rares, ce qui en fait un cas particulièrement intrigant. Contrairement aux gaz volcaniques plus courants, le méthane est généralement associé à des sources biologiques ou aux combustibles fossiles. Les scientifiques cherchent maintenant à comprendre d’où provient ce méthane, et une théorie veut que le magma en mouvement sous le mont Fentale ait perturbé un réservoir souterrain de méthane, libérant du gaz dans l’air. Ces dernières semaines, l’activité sismique s’est intensifiée autour du mont Fentale, un stratovolcan majeur situé dans la vallée du Rift éthiopien. Les agences locales de surveillance géologique ont signalé plusieurs séismes et des signes de mouvements potentiels de magma sous la surface.
Depuis la détection initiale, les satellites de GHGSat ont continué de surveiller le volcan, notant une baisse des émissions après le 9 février. L’activité sismique a également ralenti, après une série de séismes qui ont déplacé des dizaines de milliers de personnes. Cette découverte met en évidence le rôle croissant des satellites dans le suivi des émissions, non seulement celles provenant de sources d’origine humaine comme les opérations pétrolières et gazières, mais aussi celles liées à des événements naturels inattendus.
Consultez l’article complet dans New Scientist : https://www.newscientist.com/article/2468644-volcano-in-ethiopia-is-releasing-unusually-large-plumes-of-methane/