Les émissions des sites d’enfouissement apparaissent maintenant comme une préoccupation dans la lutte contre les changements climatiques. On estime que 58 % des émissions fugitives de méthane provenant des sites d’enfouissement de déchets solides municipaux (DSM) — équivalant aux émissions de GES de plus de 50 millions de véhicules de tourisme à essence — sont dues à des déchets alimentaires. L’ Agence de protection de l’environnement (EPA) fait face à une pression croissante pour mettre à jour la réglementation sur les décharges de déchets solides municipaux (DSM) en raison de leur rôle dans l’émission de méthane.
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Les sites d’enfouissement : une source persistante d’émissions de méthane
Bien que les décharges ne soient peut-être pas la première image qui vient à l’esprit lorsque l’on considère les facteurs de changement climatique, la décomposition des déchets organiques qu’elles contiennent est une source majeure d’émissions de méthane. Lorsque les matières organiques comme les restes de nourriture et les résidus de jardinage se décomposent en anaérobiose (sans oxygène), elles génèrent ce gaz nocif.
La préoccupation entourant les sites d’enfouissement est double : les émissions sous-estimées et les occasions manquées de captage du gaz. Les méthodes traditionnelles de surveillance au sol acceptées par l’EPA peuvent sous-estimer considérablement la quantité réelle de méthane qui s’échappe des sites d’enfouissement. Les émissions réelles de méthane sont 1,4 fois plus élevées que ce qui est rapporté. Des études indiquent qu’une grande partie du méthane s’échappe avant que les systèmes de collecte de gaz ne le captent. Ces systèmes de collecte de gaz qui sont spécifiquement conçus pour capter le gaz ne sont pas encore opérationnels dans de nombreux sites. Cette « occasion manquée » de capter le méthane met en évidence l’urgence d’améliorer la surveillance et de mettre en œuvre plus tôt le captage du gaz.
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Un appel à l’action : Renforcer la réglementation
Une lettre récente signée par 21 représentants américains a exhorté l’EPA à renforcer ses réglementations existantes sur les décharges de DSM. Les principales demandes formulées dans la lettre se concentrent sur trois domaines :
- Amélioration de la surveillance : l’utilisation de technologies avancées telles que la détection du méthane par voie aérienne et par satellite peut fournir une image plus complète des émissions. Selon un récent rapport de GHGSat, les émissions mondiales de méthane détectées provenant des décharges ont augmenté en 2023. L’Amérique du Nord et l’Asie sont apparues comme des contributeurs importants, émettant chacune près d’un million de tonnes métriques d’équivalent CO2 (MTCO2e) de méthane provenant des sites d’enfouissement.
- Captage précoce du gaz : imposer une installation plus précoce et une efficacité accrue des systèmes de collecte de gaz permettrait de capter le méthane avant qu’il ne s’échappe dans l’atmosphère. Les émissions de méthane provenant des décharges de DSM représentent une occasion manquée de capter et d’utiliser une ressource énergétique importante.
- Détournement des déchets organiques : encourager ou imposer des programmes qui détournent totalement les déchets organiques des décharges réduirait considérablement la production de méthane à la source. Le compostage et la digestion anaérobie sont deux alternatives prometteuses pour la gestion des déchets organiques.
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Vers des solutions
La nécessité d’agir sur les émissions de méthane des décharges est de plus en plus reconnue. La stratégie nationale de l’administration Biden reconnaît les limites des méthodes de surveillance actuelles et souligne la nécessité d’améliorer les technologies. L’EPA est tenue de réévaluer ses réglementations sur les décharges d’ici août 2024. Cela représente une occasion importante de mettre en œuvre des réglementations plus strictes qui s’attaquent au problème des émissions de méthane.
L’exploitation des technologies de pointe, la mise en œuvre de réglementations plus strictes et la concentration sur les programmes de détournement des déchets peuvent réduire considérablement les émissions de méthane des décharges. Cet effort nécessite une collaboration entre les différentes parties prenantes. L’EPA joue un rôle essentiel dans l’élaboration et l’application de réglementations plus strictes. Les exploitants de décharges doivent investir dans des systèmes de collecte de gaz améliorés et explorer des stratégies de mise en œuvre plus précoces. Les consommateurs peuvent contribuer en réduisant le gaspillage alimentaire et en participant à des programmes qui détournent les déchets organiques des sites d’enfouissement.
Le moment est venu d’agir. Nous pouvons réduire considérablement les émissions de méthane des décharges en mettant en œuvre des réglementations plus strictes, en exploitant des technologies de pointe et en nous concentrant sur des méthodes de captage de gaz efficaces.