Émissions de méthane provenant des fuites du gazoduc sous-marin Nord Stream

Émissions de méthane provenant des fuites du gazoduc sous-marin Nord Stream


Résumé

La quantité de méthane libérée dans l’atmosphère par les fuites du gazoduc sous-marin Nord Stream demeure incertaine, comme en témoigne la grande variabilité des estimations. Le manque d’informations sur la variation temporelle des émissions atmosphériques a rendu difficile la conciliation des estimations volumétriques du gazoduc (bottom-up) avec les estimations fondées sur des mesures (top-down). Nous simulons ici les taux d’émission liés à la rupture du gazoduc et les intégrons à des estimations de dissolution du méthane et de dégazage à la surface de la mer9,10 afin de modéliser l’évolution des émissions atmosphériques provenant des fuites. Nous vérifions nos émissions atmosphériques modélisées en les comparant à des estimations top-down ponctuelles des taux d’émission et à des estimations cumulées des émissions dérivées de données aéroportées11, satellitaires8,12,13,14 et de tours de mesure. Nous obtenons une cohérence entre nos émissions atmosphériques modélisées et les estimations top-down et constatons que 465 ± 20 milliers de tonnes métriques de méthane ont été émises dans l’atmosphère. Bien que, à notre connaissance, cela représente la plus grande quantité de méthane enregistrée libérée lors d’un seul événement transitoire, cela équivaut à 0,1 % des émissions anthropiques de méthane en 2022. L’impact des fuites sur le budget mondial de méthane atmosphérique met en évidence les nombreuses autres sources anthropiques de méthane qui nécessitent des mesures d’atténuation à l’échelle mondiale. Notre analyse démontre que des approches de mesure diverses et complémentaires sont nécessaires pour quantifier les émissions de méthane à l’appui du Global Methane Pledge19.

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